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DISTRIBUTION

Dessins costumes/affiche :

Elsa Pavanal

Affiche :

Elsa Pavanel/Sana Hallali

Réalisation scénographie : 

Nasser Soumi/Charles Clemons

Réalisation costumes :

Charles Clemons

Musiques :

Anaïs From the Garden

Adaptation et interprétation :

Nicole Desjardins

Cela fait de nombreuses années que je souhaitais jouer au théâtre le personnage mythique de Folcoche, du roman « Vipère au poing » de Hervé Bazin.

J’ai déjà eu l’occasion, il y a bien longtemps, de jouer le rôle de Mme Lepic de « Poil de Carotte » dans une adaptation théâtrale.

 

Il faut croire que mon imagination a travaillé en sourdine, ces dernières années, à mon insu, car lorsque je me suis attablée pour écrire un texte d’après « Vipère au poing », Poil de Carotte était là, lui aussi, assis à mes côtés. Et c’est devenu une évidence : Les deux gamins maltraités allaient faire cause commune, histoire commune, lutte commune. Contre les mégères du monde entier, contre toutes les marâtres de la littérature. Les deux protagonistes s’allient avec les armes qui les caractérisent. A l’instar des couples de clowns, chacun tient un rôle particulier : la lutte et l’opiniâtreté pour Brasse-Bouillon, la poésie pour Poil de Carotte.

 

Folcoche, Madame Lepic, ces femmes épouvantables, cruelles, ne sont pas sans faire penser à la mythologie. Chronos dévore ses propres enfants, Médée tuent les siens pour se venger de leur père. Quelle est la souffrance de ces femmes pour qu’elles en arrivent à de telles extrémités ? S’attaquer à la chair de sa chair n’est pas sans faire penser à la piqûre du scorpion qui se saborde lui-même pour ne pas donner prise à l’ennemi. Ces femmes ne tentent elles pas de régler leurs comptes avec les pères de cette progéniture. Des pères absents, veules, lâches, démissionnaires. Des pères sans haine mais sans amour, aussi !

Je pense aussi à la Reine de la Nuit dans l’Opéra de Mozart « La Flûte enchantée ». Quelle est cette femme qui s’oppose à la lumière royale du père ? La nuit, la lune, une féminité en creux, coupable, incomprise. Une féministe avant l’heure, s’enferrant dans sa haine et son agressivité ?

 

Sans chercher à réhabiliter qui que ce soit, je souhaite cependant que mon spectacle « Folcloche » soulève ce genre de questions. Peut-être, les spectateurs, porteront-ils, sans aller jusqu’à les excuser, un regard plus tempéré sur les monstres qu’engendre le manque d’amour.